HUG - Prêts à la grève contre les 10 heures !

vendredi 29 septembre 2017
par  SF

Aux HUG, les aides-soignants des salles d’opération se mobilisent contre la journée de 10 heures.

Interview à paraître dans Service Public du 29 septembre 2017 :
questions à Alex (prénom d’emprunt), aide-soignant au bloc Opéra.

Le porte-parole des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) affirme que le personnel du bloc op’ a été consulté et qu’il est d’accord avec l’introduction de la journée de dix heures. Qu’en est-il ?

Alex – C’est totalement faux. Au mois de mai, nos supérieurs nous ont annoncé, sans aucune consultation, que nous allions devoir faire des journées de 10 heures, dès le 11 septembre. C’était ça, ou les horaires coupés. Suite à cette nouvelle, nous avons réalisé un sondage auprès des aides-soignants du bloc Opéra-Julia, qui regroupe 14 salles d’opération. Sur 38 personnes, seules deux étaient favorables aux 10 heures. Et depuis l’introduction du nouvel horaire, elles sont en train de changer d’avis…

Nous avons aussi le retour de nos collègues qui travaillent 10 heures, depuis près d’une année et demie, au sein du bloc ambulatoire. Le bilan est très négatif. Au départ, c’était une journée de 10 heures qui était prévue par semaine, mais certains en font deux, voire trois par semaine. Ils sont trop fatigués, le nombre de malades augmente.

Personnellement, je peux le confirmer. Après 10 heures passées dans le bloc, on ressort sur les rotules. C’est une journée très longue, très fatigante. Ce n’est pas un rythme tenable à terme. Il faut savoir que chaque aide-soignant a une salle d’opérations à gérer. Mais quand l’effectif n’est pas au complet, un aide doit gérer deux salles à la fois…

Le personnel dénonce aussi des conditions de travail qui empirent…

Le travail dans un bloc opératoire implique beaucoup de pression, de stress et donc de fatigue. Pour assurer les urgences, quelques blocs restent ouverts 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 – on travaille donc aussi la nuit et le week-end. On doit collaborer avec toutes les équipes – chirurgiens, anesthésistes, instrumentistes. Cela implique, parfois, de devoir gérer des indications contradictoires, ce qui peut renforcer la pression. À cela s’ajoute le fait qu’on est la plus grande partie du temps en milieu fermé, sans lumière du jour. Tout cela entraîne beaucoup de fatigue, physique et psychique.

Dernièrement, les absences pour cause de maladie – certaines de très longue durée – ont beaucoup augmenté. Cette situation est due à la charge de travail, qui a triplé en quinze ans. Il y a énormément de travail, mais l’embauche du personnel n’a pas suivi. De notre côté, nous ne voulons pas que les patients subissent, donc nous nous mettons en quatre. Parfois, nous devons remplacer les infirmières ou les instrumentistes quand elles vont à la pause ou qu’elles ne sont pas en nombre suffisant. Tout cela rend le travail de plus en plus pénible.

Depuis quelques années, on a aussi affaire à des cadres qui ne connaissent pas forcément notre travail, et donc ne peuvent pas vraiment nous défendre.

Autre problème. En raison du manque de personnel, on n’arrive pas à former suffisamment les collègues. Au bloc des urgences, on doit pouvoir faire face à tout type de cas ; mais nous ne sommes pas assez nombreux à être formés pour toutes ces bases. Cela peut nous mettre en difficulté.

Pourquoi la direction veut-elle changer les horaires ?

Elle se justifie en disant qu’elle n’a pas le choix : en raison de l’ouverture d’un nouveau bloc opératoire, cette réorganiserait serait indispensable.

De notre côté, nous pensons que la vraie raison est que la direction ne veut pas embaucher le personnel nécessaire. Pourtant, elle dépense des millions pour engager des travailleurs intérimaires, et le nombre de cadres a explosé – on compte un cadre pour deux employés des HUG ! Dans ces conditions, les HUG devraient trouver de quoi embaucher les quelques aides-soignants nécessaires au bon fonctionnement du bloc opératoire ! Mais nous avons l’impression que les dirigeants de l’hôpital donnent plus d’importance au travail administratif qu’aux patients.

Comment comptez-vous bloquer l’introduction des 10 heures ?

Nous avons organisé une première manifestation au cours de laquelle nous avons remis une pétition contre les 10 heures au directeur, M. Levrat ; et nous avons été nombreux à participer à l’assemblée syndicale qui a suivi. Après une séance de négociation, les représentants de la direction se sont engagés à faire une simulation des plannings pour examiner la possibilité de réintroduire les 8 heures. Les résultats seront présentés lors d’une prochaine réunion qui réunira syndicat et RH, le vendredi 29 septembre.

De notre côté, nous sommes déterminés à continuer notre lutte contre les 10 heures. Et s’il faut faire une grève de plusieurs jours, les collègues sont prêts.


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