NON à la loi contre les manifestations !

jeudi 16 février 2012
par  BO

NON à la loi contre les manifestations !

Sous couvert d’empêcher des manifestations dites à « potentiel violent », la modification légale soumise au vote le 11 mars aboutirait à bâillonner et à censurer les organisateurs/-trices de manifestations. Elle porterait atteinte à des droits fondamentaux comme la liberté d’opinion et d’expression ainsi que la liberté de réunion et de manifestation.

La loi augmenterait démesurément les pouvoirs du Département de la sécurité, de la police et de l’environnement, qui aurait, à lui seul, les moyens de faire taire des structures qui luttent pour des valeurs de solidarité et de justice sociale : syndicats, associations de locataires, retraité-e-s, étudiant-e-s, organisations féministes, écologistes, de défense des droits humains, etc.
La police pourrait ainsi infliger des amendes allant jusqu’à 100 000 francs (dix fois le montant actuel) aux organisateurs/trices s’il y a eu omission d’une demande d’autorisation. Par exemple quand les aides-soignant-e-s se sont rendu-e-s spontanément à l’inauguration d’un chantier pour se faire entendre de leur direction et du Conseil d’Etat. Amende encore si l’on ne se conforme pas aux injonctions de la police. Exemple : la manifestation des nettoyeurs/-euses et laborant-ine-s des HUG qui a duré quelques dizaines de minutes de plus que prévu, ce qui a entraîné une amende pour le SSP. Avec la nouvelle loi, qui sait à combien elle se serait élevée, connaissant l’animosité du pouvoir en place à l’égard de notre syndicat ? Le montant astronomique de 100 000 francs n’est pas anodin, ce n’est pas une amende comme les autres. Le but d’une telle somme est de détruire les organisations qui n’ont pas de telsn moyens et de faire taire celles qui pourraient éventuellement assumer une ou deux fois de tels montants.

Amender et interdire

Mais les choses ne s’arrêtent pas là. La police peut aussi refuser toute nouvelle demande d’autorisation durant un à cinq ans aux organisateurs/trices d’une manifestation ayant donné lieu à des atteintes aux personnes ou aux biens. Ces derniers/ères seraient considéré-e-s comme responsables, même sans faute de leur part, de toute casse pouvant intervenir. Cette disposition est un appel au sabotage du droit d’expression et une véritable atteinte à la justice. Il suffirait que deux ou trois énergumènes opposés au thème de la manifestation, ou commandités par « on ne sait qui », se glissent dans le cortège, cassent quelques vitres ou vitrines et la police n’aurait même plus à chercher les véritables responsables. Sans autre forme de procès, les organisateurs/trices seraient d’emblée désigné-e-s coupables et se verraient empêché-e-s d’organiser d’autres mouvements s’adressant à la population. Dans ces conditions, toute association y réfléchira à deux fois avant d’entreprendre quelque chose. C’est la porte ouverte à l’autocensure, la pire des censures.

Durcissement des pouvoirs en place

Cette loi est symptomatique du durcissement des pouvoirs en place, patronaux et politiques. Elle s’inscrit dans la même logique que leur autisme face aux représentant-e-s syndicaux/ales, leurs attaques inqualifiables contre des délégué-e-s du personnel durant des mouvements de grève, la criminalisation de la présence syndicale sur les lieux de travail, etc. Mais cette loi démontre aussi qu’ils se sentent acculés. Face à ces crises qu’ils ont eux-mêmes créées et dont ils nous font payer le prix fort, la seule réponse qu’il leur reste est une course en avant vers l’autoritarisme. Ils craignent la montée en puissance des mouvements de contestation. Ici à Genève, les derniers exemples de mouvements sociaux (aéroport de Genève, Maison de Vessy, Hôpitaux universitaires…) confirment que la lutte et les manifestations qui vont de pair sont non seulement les seuls outils à notre disposition dans le contexte actuel, mais qu’elles sont efficaces pour ne pas se laisser broyer dans leurs machines infernales. Cette contestation montante, qui se perçoit en Suisse, en Europe, et dans le monde (mouvement des indignés, révolution des mondes arabes…) prouve que les peuples ne sont pas les moutons qu’ils voudraient que l’on soit et c’est aussi cela qui les inquiète.

Autre atteinte à nos droits démocratiques

Cette loi contre les manifestations n’est pas leur seule stratégie pour faire taire nos revendications. A la fin de l’année dernière a été adoptée une loi sur l’organisation des institutions de droit public (Services industriels, Hôpitaux universitaires, Transports publics genevois, Fondation pour le immédiatement contestée sous forme d’un référendum par le SSP, l’ensemble des syndicats et certains partis de gauche, sera soumise en votation d’ici la fin de l’année. Elle prévoit que seraient quasiment exclus des conseils d’administration des institutions concernées non seulement les représentant-e-s politiques élu-e-s au Grand Conseil, mais aussi les représentant-e-s du personnel. Et les rares représentant-e-s pouvant siéger dans les conseils d’administration seraient astreint-e-s à un devoir de réserve absolu. Nous serions donc aveugles et sourds à ce qui se passe dans nos services publics. La boucle serait bouclée : si ces deux lois passaient, nous seulement nous ne saurions presque rien, mais le peu que l’on saurait, nous ne pourrions pas le contester en organisant des manifestations !

Blaise Ortega
Secrétaire SSP

MANIFESTATION "NON, PAS LA DERNIERE"
Jeudi 23 février à 18h00
Poste du Mont-Blanc


Documents joints

Tract du comité unitaire
Tract du comité unitaire
Affiche SSP Non Loi Anti Manif
Affiche SSP Non Loi Anti Manif

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